La curation à l’ère 2012 ; l’arrivée massive des nouveaux « curators »

Avec l’arrivée du Web 2.0, rares sont les internautes et entreprises encore récalcitrants à l’utilisation des plateformes à caractère social ou professionnel telles que Facebook, Twitter ou encore LinkedIn et Viadeo. 

Mais à l’ère de l’e-communication et de l’e-réputation, l’important n’est plus tant de savoir « liker », « tweeter » ou partager de l’information. Aujourd’hui, parmi le flot d’actualités et de thèmes défilant sur internet (pas moins de 3 283 Tweet par seconde !), la différenciation se fait au niveau du tri et de l’agrégation de l’information.

La curation, keskecé ?

Selon Xavier de Mazenod et tel un environnementaliste de l’information, le « digital curator » trie l’information du Web après l’avoir analysée, pour ensuite la transmettre aux destinataires en fonction de la pertinence et de l’intérêt des sujets qu’ils recherchent. Faire circuler de l’information est aujourd’hui à la portée de tous et c’est ce qui fait de chacun de nous de potentiels « curators ».

Mais comme on le sait, « trop d’info tue l’info ». Selon Edouard GASSER, rédacteur pour TechCrunch France, il est possible de parer à ce nouveau phénomène d’ « infobésité ». Il est pour cela  primordial de pouvoir non seulement intercepter, mais aussi éditer et classer l’information. Elle sera ainsi mieux diffusée pour intéresser un public averti et grandissant.

 Cette technique d’agrégation de l’information permet de répondre aux principales questions que pourrait se poser n’importe quel internaute : Quelle info a de l’importance ? Pour qui ? Comment ? Qui produit l’information la plus originale ? Quelle est la valeur ajoutée de tel ou tel article ? En un mot, qui « suivre » pour être sûr d’avoir la dernière info ?

 La curation : terme nouveau mais pratique ancienne

Et non ! La pratique de la curation n’est pas une révolution des années 2000 apportée par le développement d’internet. La « veille », ça vous parle ? Que ce soit pour les entreprises ou les particuliers, étudier ce qui se passe dans les médias et autour de leur activité n’est pas née avec le web 2.0 ; elle avait déjà sa place et une fonction bien précise dans les stratégies commerciales.

Une nouvelle génération d’outils ?

Bon d’accord, on l’a vu, la curation n’a rien de nouveau. Mais pourquoi on en parle tant en ce moment ? C’est principalement parce que cette notion met en avant un des principaux problèmes d’internet : si celui-ci propose à chacun un libre accès à une « connaissance infinie », quelle est la pertinence de ces informations et comment les trier ? Pour le « curator », d’autres questions se posent : Quelle est la meilleure méthode pour organiser de contenu ? Comment être référent concernant un sujet ?

Des plateformes d’agrégation de l’information permettent, pour la plupart, de regrouper en une revue de presse personnelle des articles ou sites vus sur le web. Parmi les plus connues, on retrouve Pearltrees qui rassemble les trouvailles sous forme de « perles » regroupées en grappes thématiques, ou encore Scoop It et Paper.li. Cette dernière se sert du compte Twitter des internautes pour organiser une page sous forme de journal, les infos y sont déjà regroupées par thème. L’internaute n’a plus qu’à choisir les infos qu’il souhaite voir apparaître dans son journal. Toujours selon E. GASSIER, c’est cette « concordance entre une facilité de prise en main et un besoin grandissant d’agrégation de l’information » qui fait le succès de ces plateformes.  

Les réseaux sociaux n’y coupent pas !

Cette tendance à la pratique intense de la « curation » est aussi possible via l’outil de « curation visuelle » Pinterest qui permet de « pinter »/épingler des photos et images sur son « tableau de liège » selon différents thèmes. (Article plus détaillé sur le sujet ici !) Facebook a aussi repris l’idée d’abonnement à un journal interactif ; le concept « Timeline ». L’internaute créé un journal personnalisé regroupant les publications de personnalités, d’amis ou de pages Facebook selon un thème particulier. Ce journal personnalisé est partageable avec tous ses amis, qui peuvent s’y abonner s’ils le trouvent intéressant.

La curation aiderait au référencement naturel ?

C’est bien beau tout ça, mais mis à part regrouper l’information, qu’est-ce que cela apporte d’être un « curator » ? En plus d’apporter du trafic complémentaire souvent considérable, les plateformes génèrent des pages de contenus agrégés avec des backlinks (liens retours) vers les pages d’origine.  Selon Ange Pozzo di Borgo, planneur Digital et co-Fondateur de l’agence NiceToMeetYou, :

« de par leur « propagation » sociale via [des plateformes adaptées], on peut considérer que ce sont autant de signaux sociaux apportés aux contenus de qualité sur le Web. Pour vous, créateur de contenu, c’est une garantie d’optimisation du « social rank ». »

La curation, le remède pour les humbles.

Au-delà du rôle premier de relayeur de l’information et d’agrégateur de contenu, la curation est une méthode bien pensée pour permettre aux surfeurs les plus passionnés de développer leur réseau de followers. Ils deviennent, au fil des bonnes infos et surtout de bonnes analyses, des personnes influentes, des personnes « à suivre ». Et comme toute personne un tant soit peu médiatisée, un « curator » peut lui aussi prendre la grosse tête. Attention donc à bien jouer le jeu et ne pas en être réduit à parler de soi avant de parler du reste…

La curation redoutée par les entreprises.

En plus de l’action des réseaux sociaux et des sites internet, la curation permet aux entreprises une visibilité quasi-totale sur internet. Contact direct avec la clientèle et les médias, mise en avant d’événements ou de produits, les avantages sont nombreux. Mais en contrepartie, l’entreprise pratiquant la curation s’expose au risque d’éloigner ses consommateurs potentiels qui vont trouver/être confrontés à l’information partout et plus uniquement sur le site, le blog, la page facebook ou le Twitter de l’entreprise.

Il sera alors difficile pour celle-ci d’évaluer précisément comment elle réussit à toucher ses consommateurs.  Mais surtout, et sans compter sur l’honnêteté des « curators », une entreprise peut se faire « voler » son information. Le nombre de caractère n’est pas limité sur les plateformes de curation (contrairement à la plupart des réseaux sociaux), les relayeurs d’information ont donc tout le loisir de transformer et s’approprier les dires des entreprises.

La curation nouvellement encadrée 

C’est principalement pour éviter ce genre de désagréments que deux journalistes Américains (Maria Popova, fondatrice de Brain Picking et Simon Dumenco, journaliste pour Advertising Age) ont mis au point un « code de la curation ». (Plus d’information sur ce concept ici.) La mise en place de cette « police des blogs » divise déjà la toile et personne ne peut affirmer qu’elle sera effectivement acceptée.

 En conclusion

On ne va pas se le cacher, on ne passera pas à côté de la curation. Alors autant se l’approprier sans pour autant pousser le bouchon trop loin (pas comme Maurice…) et faire profiter un maximum d’internautes d’un sujet qui vous passionne parce qu’après tout, on ne parle vraiment bien que de ce que l’on connait le mieux !


Pauline

Étudiante fraichement tombée dans la communication
Mais déjà passionnée
Adepte des nouvelles technologies
Pianiste et lectrice invétérée
Voyageuse en herbe

14 Commentaires

  1. Pingback: La curation à l’ère 2012 ; l’arrivée massive des nouveaux « curators » | | MilkCheckMilkCheck | Du bon usage des réseaux | Scoop.it

  2. Pingback: La curation à l’ère 2012 ; l’arrivée massive des nouveaux « curators » | | MilkCheckMilkCheck | Les trouvailles de Froggy'Net | Scoop.it

  3. Pingback: La curation à l’ère 2012 ; l’arrivée massive des nouveaux « curators » | | MilkCheckMilkCheck | Ouverture du Scoop it Dépannage informatique | Scoop.it

  4. Pingback: La curation à l’ère 2012 ; l’arrivée massive des nouveaux « curators » | | MilkCheckMilkCheck | Veille informationnelle, curation | Scoop.it

  5. Pingback: La curation à l’ère 2012 ; l’arrivée massive des nouveaux « curators » | | MilkCheckMilkCheck | Outils et innovations pour mieux trouver, gérer et diffuser l'information | Scoop.it

  6. Pingback: La curation à l’ère 2012 ; l’arrivée massive des nouveaux « curators » | | MilkCheckMilkCheck | L'E-Réputation | Scoop.it

  7. Pingback: La curation à l’ère 2012 ; l’arrivée massive des nouveaux « curators » | | MilkCheckMilkCheck | Cultural Studies & Web Culture | Scoop.it

  8. Pingback: La curation à l’ère 2012 ; l’arrivée massive des nouveaux « curators » | | MilkCheckMilkCheck | Création fait-main et communication | Scoop.it

  9. Pingback: La curation à l’ère 2012 ; l’arrivée massive des nouveaux « curators » | | MilkCheckMilkCheck | RoBot techno infos | Scoop.it

  10. Pingback: Curation Web | Pearltrees

  11. Pingback: La curation à l’ère 2012 ; l’arrivée massive des nouveaux « curators » | | MilkCheckMilkCheck | Sebastien Marechal | Scoop.it

  12. Pingback: La curation à l’ère 2012 ; l’arrivée massive des nouveaux « curators » | | MilkCheck.fr « la bibliothèque, et veiller

  13. Pingback: Pinterest, nouvelle panacée du e-commerce? (part I) | MilkCheck

  14. Pingback: Le FOMO, le mal social. | MilkCheck

Laisser un commentaire

© 2011 - 2012 MilkCheck
Mis en page et créé par WDC Directory avec WordPress //
Mis à jour et ajusté par Arthur pour MilkCheck